vivre avec un coeur meurtrie

vivre avec un coeur meurtrie
En ce qui me concerne, je me dis que chaque jour me rapproche de ma fille. QUE FAIRE pour elle ? Il y a quelque chose, peut-être, la seule chose ici-bas que je puisse faire pour ma fille : aimer. C'est de ... l'aimer ! Encore et toujours, chaque fois que je pense, autant que je le souhaite, lui envoyer des messages d'amour, des voeux de paix, d'évolution spirituelle, la confier aux Etres Supérieurs dont nous ne savons rien, mais que nous pressentons : Dieu, les Anges, les Guides.. Peu importe le Nom que nous leur attribuons. Ce qui compte, ce sont les élans de votre coeur, leur authenticité, leur sincérité, leur profondeur. Cela, nos Aimés le sentent, j'en ai la certitude, la preuve intime. Leur parler, leur envoyer nos élans du coeur, je suis sûre que cela leur insuffle l'énergie bénéfique qui les aide à évoluer dans leur nouvel état d'être ! La force de l'Amour est une réelle puissance, dont nous ne sommes hélas pas assez conscients.

J'aimerais que vous n'ayez pas de réserve à prononcer le nom de mon enfant disparu, à me parler d'elle. Elle a vécu. Elle est importante encore pour moi. J'ai besoin d'entendre son prénom et de parler d'elle. Alors, ne détournez pas la conversation. Si je suis émue, que des larmes inondent mon visage quand vous évoquez son souvenir, soyez sûrs que ce n'est pas parce que vous m'avez blessée, c'est sa disparition qui me fait pleurer. Elle me manque. Merci à vous qui m'avez permis de pleurer ! Car chaque fois mon coeur guérit un peu plus.
J'aimerais que vous essayiez de ne pas oublier mon enfant, de ne pas en effacer le souvenir chez vous en éliminant sa photo, ses dessins ou autres cadeaux qu'elle vous avait faits. Pour moi, ce serait la faire mourir une seconde fois.
Etre un parent en deuil n'est pas contagieux, ne vous éloignez pas de moi. J'aimerais que vous sachiez que la perte d'un enfant est différente de toutes les autres pertes : c'est la pire des tragédies. Ne la comparez pas à la perte d'un parent, d'un conjoint, d'un animal.
Ne comptez pas que dans un an, deux ans, dix ans, je serai guérie. Je ne serai jamais ex-mère de mon enfant. J'apprendrai à survivre à sa mort et à revivre malgré son absence. J'aurai des hauts et des bas.
Ne croyez pas trop vite que mon deuil est fini. J'espère que vous admettrez mes réactions physiques dans le deuil. Peut-être vais-je prendre ou perdre du poids, dormir comme une marmotte ou devenir insomniaque... Le deuil rend vulnérable.
Sachez aussi que tout ce que je fais et que vous trouvez un peu fou est normal pour moi, pour l'instant.
Pendant un deuil, la dépression, la colère, la culpabilité, la frustration, le désespoir, l'isolement, l'agressivité et la remise en question des croyances et des valeurs fondamentales sont des étapes du deuil d'un enfant. Essayez de m'accepter dans l'état où je suis momentanément, sans vous froisser

# Postato domenica 17 agosto 2008 10:39

j'ai encore deux adorables enfants mais le manque et là

j'ai encore deux adorables enfants mais le manque et là
Voilà ce que je vis chaque jour dans mon c½ur. J'essaie d'avancer, mais je n'y arrive pas. Le soutien ! Un bien grand mot que beaucoup de personnes emploient, mais savent-t-ils vraiment ce que veut dire soutien ?
Un jour, un très grand ami m'a dit que, sur cette terre, il n'y avait pas de justice juste ! Comment arriver à accepter qu'on t'ait volé ta vie alors ? Treize mois que mon c½ur est noir et ma tête est remplie d'idées noires.
Non ! Je chasse tout ça de ma tête ! Deux merveilleux enfants sont là, à mes côtés, et me remplissent d'amour ! Pourtant, il manque quelque chose. Toi, ma petite Laura, ton amour si pur et sincère ! Oui, tu étais sincère ! Pour moi, la vie, c'est comme une recette de cuisine : amour, joie, partage, sourire et tristesse. Ma recette n'est plus bonne : trop de tristesse et un manque d'amour. J'ai beau essayé de la refaire chaque matin, mais en vain ! Je ne suis plus maîtresse de mon état.
Quand je vais me recueillir sur ta tombe, c'est pour te border de fleurs. Tu aimais que je vienne chaque soir te border. Je m'assoie et je te raconte mes journées, mes rires avec ta petite s½ur. Mes colères aussi. Je te dis tout. Je t'ouvre mon c½ur. Je crois que je n'arrive à l'ouvrir qu'à toi maintenant et, quand j'ai trop de chagrin, je ne te dis rien. Je reste assise et me terre dans un silence. Ce silence est devenu mon refuge.
La mort te faisait peur. Tu m'en parlais souvent et moi je te rassurais en te disant : « Tu est petite, ma Puce, ne pense pas à des choses comme ça ! ». Eh bien, moi, aujourd'hui, la mort ne me fait plus peur non plus, car, je te l'avoue maintenant, à moi aussi ça me faisait peur !
Là, j'attends juste le jour où je pourrais te serrer à nouveau dans mes bras et sentir ton odeur.

Ce dont je souffre dans son absence, c'est de son silence, car j'ai peur que l'on oublie Laura. Je pense que beaucoup de parents endeuillés ressentent ça. La mort d'un enfant est en effet l'expérience la plus terrible que peuvent vivre des parents. (...) Une épreuve qui atteint la chair de leur chair, contre l'ordre chronologique du temps et des générations (« c'était à moi de partir avant »), et sur laquelle j'ai du mal à mettre des mots. J'ai le sentiment que je ne pourrai jamais la partager avec d'autres, y compris avec ceux qui me sont proches (...). Et «les autres », de leur côté, n'osent pas m'en parler.

« La mort de l'enfant reste un tabou très fort, qui conduit à l'isolement. La perte d'un enfant laisse hébété, effondré, incrédule, révolté ; on n'est plus qu'une plaie qui saigne en permanence... La vie est un fardeau plus lourd à porter, à supporter chaque jour. C'est l'impuissance face à l'irréversible qui est à mon sens le plus pénible. Savoir, même si on refuse de l'admettre, que je ne la verrai plus, que je l'entendrai plus, que je ne la toucherai plus. Savoir qu'il a suffi d'un instant, que si..., rien ne se serait passé, qu'elle serait là, près de moi, c'est intolérable.
Et pourtant, il a bien suffi d'un seul minuscule instant, d'une seconde de trop ou en moins pour tout faire chavirer :
- le bonheur, (auquel on ne faisait pas particulièrement attention, puisqu'il était là !). Cette souffrance-là, c'est dans mon ventre qu'elle cogne le plus fort !

L'espoir. C'est tout ce qui me reste. De quel espoir s'agit-il ? D'une vie après la vie ? De retrouvailles célestes ? Autant de béquilles mentales pour marcher sur le chemin du deuil, pour se lever chaque matin, pour accomplir les actes du quotidien "d'avant", pour tenir un jour de plus.

# Postato domenica 17 agosto 2008 10:35

Modificato domenica 24 agosto 2008 14:55

comment ne pas avoir envie d'aller la rejoindre

comment ne pas avoir envie d'aller la rejoindre

Mes nuits passes, mes rêves et mes cauchemars aussi, ma respiration et mon souffle tout près de ta photo, ton bracelet tourné et retourné mille fois dans mes doigts, tenu dans le creux de ma main, tout cela ne fait qu'ajouter de la peine à ma peine
Mes jours et mes nuits n'ont plus qu'une seule couleur cette vie sans saveur
quinze mois que j'essaie d'accepter que tu nous aies quittés si brutalement, qu'on t'ait ôtée à moi. Je ne sais si un jour la douleur sera moins forte. Des gémissements et des cris se bousculent dans mon c½ur. Aucun remède pour cette douleur, si ce n'est que pouvoir te serrait à nouveau dans mes bras, ce qui pour le moment n'arrivera pas, hélas ! J'ai tant de hâte à te revoir, mon bel ange, ma douce colombe ! Mais je sais que temps que je serai en bas et toi en haut, nos chemins ne se croiseront pas, si ce n'est que l'amour que j'ai pour toi et que je t'envoie.
Paisiblement tu dors. Je parle de toi à chaque fois au présent. Pourtant, le présent est devenu le passé, mais je ne m'y résous pas. Alors, je continue mon combat en espérant que le passé deviendra présent. Le soir, quand je m'endors, je prie pour que le matin, au lever du jour, une voix m'appelle et me dit : « Maman, je vais être en retard à l'école ! » Rien... Si ce n'est que, le matin, c'est un jour de plus à me dire « Courage ! ». Oui, je suis obligée, je le reconnais, de me le dire chaque matin.
Le deuil est un état que je ne peux pas gérer. Ce n'est pas une tristesse où on se dit : « ça ira mieux demain », une douleur où le médecin prescrit un anti- douleur, un manque que l'on essaie de combler par autre chose. Le deuil ! Un bien vilain mot ! Quand je regarde dans le dictionnaire, je ne trouve aucune signification qui me soulage : longue tristesse, affliction. Pour moi, une tristesse ne se mesure pas. Je ne pense pas que les personnes tristes prennent une règle et mesurent à quel point ils sont tristes. Certaines personnes me disent : « la vie doit continuer ! Il faut aller de l'avant ! J'ai envie de leur dire : « Non ! ». Pas pour les contrarier ou pour avoir le dernier mot. Et pourquoi je ne pourrais pas retourner en arrière, voir ma petite Laura grandir, devenir une belle jeune fille ? Je sais très bien que tous mes pourquoi resteront des pourquoi.
Quand un enfant perd ses parents, on dit qu'il est orphelin. Quand un homme ou une femme perd son conjoint, on dit qu'il ou qu'elle est veuf ou veuve. Mais une maman qui perd un enfant, on dit quoi ? « Je n'aimerai pas être à ta place ; je ne sais quoi te dire ».
Ma place, je ne la souhaite et ne la donnerai à personne, car ma douleur aujourd'hui a été mon bonheur pendant 9 ans et demi. Oui, je suis en colère et crie justice ! Ma joie est en deuil départ. Il y a tant de méli-mélo dans mon c½ur et dans ma tête ! Quand on dit à son enfant : « Prends le temps de grandir, tu auras bien le temps de faire tes propres choix et faire ce que tu as envie ». C'est une phrase que beaucoup de parents disent. C'est une façon de montrer que, même adulte, on ne fait pas toujours ce qu'on veut, ni ce qu'on n'aime. J'ai tellement dit cette phrase à Laura qu'aujourd'hui je m'en veux un peu. Même si c'était pour son bien-être et son éducation, j'ai le sentiment aujourd'hui de lui avoir pris une petite partie de sa vie ! Si petite aura était sa vie !

# Postato domenica 17 agosto 2008 10:26