lettre à mon ange

lettre à mon ange
Lettre pour toi, ma fille !

Je n'avais peut-être pas la richesse,
Pour t'offrir les plus beaux artifices,
Mais je pense avoir été présente pour toi à chaque moment,
Et je l'es fais avec tout ce que j'ai en dedans.

Je n'ai peut-être pas de diplôme à vanter,
Pour me donner une fierté,
Mais je t'ai donné la vie,
N'est-ce pas le plus beau des défis ?

Je n'ai sûrement pas le mérite d'être une mère parfaite,
Disons plutôt imparfaite,
Mais l'amour que j'ai pour toi me guide
Et par toutes les ressources que j'ai en moi.


Je n'ai sûrement pas la qualité d'avoir toujours la patience,
Je tire de l'humain son essence,
Mais ce que je fais, je le fais avec toutes mes connaissances,
Et avec aucune aisance...


Tu es mon petit soleil,
Je t'aime ...
Maman

# Posté le dimanche 24 août 2008 15:30

souffrance !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! quand tu nous tiens

souffrance !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! quand tu nous tiens
La souffrance nous interpelle sur notre existence : nous sommes faillibles, en fin de compte et l'existence est bien vite passée. Pour quoi, pour qui ? La souffrance est aussi peut-être l'occasion d'une rencontre de l'Autre...
Que nous soyons croyants ou non, la question de l'existence de Dieu surgit en nous lorsque nous pensons au mal ou que nous souffrons.

# Posté le dimanche 24 août 2008 15:12

Modifié le dimanche 24 août 2008 16:30

le cri de mon moi interieur

le cri de mon moi interieur

Beaucoup de personnes me demandent ce que j'attends de la justice et me disent que ça ne ramènera pas Laura ! Cela, je ne le sais, hélas, que trop ! Mais quand je regarde les photos de ma fille, avec ses yeux pétillants, son sourire si joyeux, alors...
Laura était un souffle de bonheur et un rayon de soleil pour beaucoup de personnes qui l'ont connue.
Ce n'est pas une mort accidentelle, non ! Ça, je ne veux pas l'entendre ! Je le dis et l'assume ! Je veux que la justice de ce monde montre du doigt les responsables et quand ce jour arrivera, je serais là.
Ce sera un moment pénible, je le sais très bien, mais il n'égalera jamais les souffrances que Laura a endurées ! Je ne leur demande pas de souffrir comme je souffre moi-même, ni de m'ôter ma souffrance ! Ma douleur est inscrite dans ma chair et dans mon âme, elle fait partie intégrante de ma nouvelle vie et ne disparaîtra jamais.
Je ne peux dormir, manger, rire, vivre, en acceptant l'inacceptable. Je n'attends pas de la justice qu'elle me rende Laura, car son sommeil est profond et précieux à mes yeux, mais si triste et si douloureux à mon c½ur. Que la justice, simplement, fasse ½uvre de justice, en dénonçant les carences graves et les négligences impardonnables qui ont causé la mort de mon enfant. En admettant que ce verdict soit proclamé, cela estompera-t-il tout ce que j'imagine des souffrances atroces qu'a subi ma petite Laura ?

Oh ! Pitié ! Plus de souffrance pour elle !
Même si la maladie avait saisi et emporté Laura, je ne l'aurais pas mieux accepté. Mon c½ur de maman est en deuil et pleure des larmes de sang depuis plus d'un an...

# Posté le dimanche 24 août 2008 15:06

j ai mal

j ai mal

Etre un parent en deuil n'est pas contagieux. Ne vous éloignez pas de moi.
J'aimerais que vous compreniez que la perte d'un enfant est différente de toutes les autres pertes. C'est la pire des tragédies. Ne la comparez pas à la perte d'un parent, d'un conjoint, d'un animal.
Ne comptez pas que dans un an, deux ans, dix ans, je serai guérie. Je ne serai jamais ex-mère de mon enfant. Je vais devoir apprendre à survivre à sa mort, à revivre, si cela est possible, avec la cruelle absence. Je traverserai des hauts et des bas.

Ne croyez pas trop vite que mon deuil est fini. Mon âme est un champ de bataille, mon corps un champ de ruines. Divers désordres peuvent survenir, à l'un comme à l'autre. J'espère que vous admettrez avec patience les réactions mentales ou physiques que le deuil peut provoquer. Peut-être vais-je prendre ou perdre du poids, dormir comme une marmotte ou devenir insomniaque... Peut-être pire. Peut-être pas. Le deuil est un cataclysme intérieur. Il ravage jusqu'au tréfonds de l'être. Il rend si vulnérable.

Sachez aussi que tout ce que je fais et que vous trouvez un peu fou, est normal pour moi, pour l'instant.
Pendant un deuil, la boussole des sentiments et des émotions s'affole. La dépression, la colère, la culpabilité, la frustration, le désespoir, l'isolement, l'agressivité, la remise en question des croyances et des valeurs fondamentales...Tout ce tohu-bohu émotionnel constitue les étapes du deuil d'un enfant. Essayez de m'accepter dans l'état où je suis momentanément, sans vous froisser.
Il est normal que la mort de mon enfant me fasse perdre, outre la mesure de mes émotions, le courage, l'ambition ou les projets d'avenir. Pour le moment, je ne sais vivre que de son souvenir. J'ai besoin de me repaître, encore un peu, de ce passé où résonnaient ses rires. Je le fais par habitude, comme un réflexe de survie, mais parfois sans conviction. Ne m'en veuillez pas !

J'aimerais que vous compreniez que le deuil transmute un être en une autre personne. Aujourd'hui, je ne suis plus celle que j'étais avant et je ne le serai jamais plus. Pour autant, je ne suis pas encore celle qui est en devenir. En cet instant transitoire, je suis dépossédée du sentiment même de mon existence. Je n'existe qu'au travers de ma douleur. Je ne suis que douleur.
Ne m'attendez pas au tournant du souvenir. Vous seriez frustrés et déçus. J'ai pris une autre route. Bien malgré moi.

# Posté le dimanche 24 août 2008 14:59

je vous fait partager une partie de mon jardin secret

je vous fait partager une partie de mon jardin secret
Mes nuits passent. Mes rêves et mes cauchemars, s'ils impriment leurs images sur ma réalité, s'évaporent. Tous ces objets qui me parlent de toi, dans un babillage qui était le tien. Ta photo... Ma respiration courte glisse sur elle, tout près de moi, comme pour t'insuffler la vie à nouveau. Ton bracelet... Petit bijou que je tourne et retourne mille fois entre mes doigts, que j'enferme dans le creux de ma main pour me pénétrer d'un reste de toi... Tout n'ajoute que peine à ma peine.

Quinze mois que je lutte pour accepter que tu nous aies quittés si brutalement, qu'on t'ait ôtée à moi.
Je ne sais pas si un jour ma douleur sera moins violente. Des gémissements et des cris se télescopent dans mon c½ur et déchirent mon être tout entier. Aucun remède à ma douleur. Un seul pourrait me guérir : pouvoir te serrer à nouveau dans mes bras. Je me heurte à l'impossible, cela ne peut être, ne sera plus jamais. Un jour, peut-être... Ailleurs... Je veux m'accrocher à cette espérance. J'ai tellement hâte de te revoir, mon bel Ange, ma douce Colombe ! Hélas, je sais que tant que je serai en bas et toi en haut, nos chemins ne se croiseront pas. Seul l'amour que j'ai pour toi et que je t'envoie demeurera l'unique lien qui nous rattache l'une à l'autre.
Paisiblement tu dors...
Toujours je parle de toi au temps présent. Pourtant, le présent de ta présence est devenu le passé de ton existence et je ne peux m'y résoudre. Alors, je continue mon combat, espérant que le passé s'accordera un jour à mon présent.
Le soir, quand je me couche, je prie et supplie pour qu'au matin, dès le lever du jour, ta voix m'appelle et me dise : « Maman, je vais être en retard à l'école ! ». Oh ! Que cesse le cauchemar ! Mais non. Rien...Silence.... Silence pesant. Silence oppressant. Silence chargé des échos des jours heureux. Je ne savais pas que le silence pouvait faire un tel vacarme ! Le cauchemar hante toutes mes nuits et habite chacune de mes heures. La seule voix qui parvienne à mon c½ur m'ordonne : « Courage ! », inlassablement, chaque matin Et chaque matin, ce seul mot m'est un supplice. Je m'efforce de m'en emparer, de le faire mien, de m'en parer comme d'un vêtement rêche dont je dois me couvrir.

# Posté le dimanche 17 août 2008 15:46