Quand je vais me recueillir sur ta tombe, c'est pour te couvrir de fleurs, te border de leur parfum. Tu aimais que je vienne chaque soir te border dans ton lit douillet. Tu m'attendais, avant de t'endormir dans un sommeil serein. Je m'assoie sur la pierre dure et je te parle, comme autrefois. Je te raconte mes journées, mes rires avec ta petite s½ur. Mes colères aussi. Je te dis tout. Je t'ouvre mon c½ur. Il me semble que tu es la seule, à présent, auprès de qui je peux en confier les secrets. Quand j'ai trop de chagrin, je me tais. Je reste assise, là, et me terre dans le silence. Le silence est devenu mon refuge.
La mort te faisait peur. Tu m'en parlais souvent et moi je te rassurais en te disant : « Tu est petite, ma Puce, ne pense pas à des choses comme ça ! ». Bizarre, en effet, que ce sujet revienne si souvent dans ta bouche de petite fille. Est-ce possible que tu aies eu la prémonition d'un destin si court, d'une fin si funeste ?
Tu m'as précédée, à l'envers des choses, comme en éclaireur. Maintenant, tu sais... Aujourd'hui, à moi non plus, la mort ne fait plus peur ! Et je peux bien te l'avouer à présent : à moi aussi, elle faisait très peur !
Là, j'attends juste le jour où je pourrais te serrer à nouveau dans mes bras et m'enivrer ton odeur.